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L’art de conduire dans la pluie (ou la neige)

vendredi 15 janvier 2016
Quelques flocons de neige égarés et un thermomètre qui affiche – ne serait-ce qu’un bref instant – des valeurs négatives. Ou une pluie diluvienne. Il n’en faut malheureusement pas plus pour immobiliser notre pays.


Touring a publié le mois dernier les résultats préoccupants d’une enquête dont il est ressorti que seule la moitié des conducteurs estiment disposer des connaissances suffisantes et des bons réflexes pour rouler en toute sécurité par temps hivernal. Six conducteurs sur dix témoignent de la réticence à prendre la route par temps hivernal, un Belge sur trois roule encore toujours sans pneus hiver et seuls 8% des personnes interrogées avaient un jour suivi un cours de dérapage. Le rouge affiché par le baromètre des bouchons était donc tout aussi surprenant que le résultat de l’élection du Soulier d’Or.

Dans son livre intitulé “L’art de conduire sous la pluie”, l’auteur américain Garth Stein a très justement décrit comment il faut se comporter, en tant que conducteur, dans des conditions de conduite dangereuses. L’histoire d’un coureur automobile prometteur qui doit se battre pour garder sa petite fille est racontée par Enzo, le chien du personnage principal. Enzo sait que la vie est comparable à un circuit automobile. Il faut anticiper les obstacles, relâcher les gaz à temps, ne pas se fixer sur le problème, mais aller sans cesse à la recherche d’une solution.

Je vous entends penser tout haut: plus facile à dire qu’à faire, car tout cela doit s’apprendre, non? Exactement. Et c’est justement là que le bât blesse. Dans notre pays, Kafka a en effet une place qui lui est réservée à la table des négociations, lorsqu’il est question de la sécurité routière, et plus précisément de la formation à la conduite. En Belgique, en effet, il ne faut pas avoir suivi de formation digne de ce nom pour obtenir un permis de conduire. On peut très bien, pour cela, se faire guider par ses parents, même s’ils savent qu’eux non plus ne roulent sans doute pas parfaitement. La formation à la conduite par le biais d’une école de conduite agréée est perçue comme étant onéreuse. Lorsque l’on fait la comparaison avec un certain nombre de pays voisins, on s’aperçoit pourtant que cela n’est nullement le cas. Mais apparemment, les parents préfèrent encore prendre place dans la file d’attente pour payer un camp de vacances onéreux à leurs enfants plutôt que de devoir investir dans une bonne formation à la conduite.

Dans l’enseignement primaire et secondaire, on accorde encore, de temps en temps, un peu d’attention à la circulation, à l’éducation routière et à la sécurité routière, mais une fois que le permis de conduire est décroché, le trajet de formation cesse complètement. C’est-à-dire, dans la plupart des cas, juste avant ou juste après avoir atteint l’âge de dix-huit ans. Ensuite, débrouillez-vous. Les résultats de cette méthode, on les retrouve dans les statistiques. Ce n’est pas un hasard si la Belgique figure toujours en queue du peloton européen. Pour notre pays, la publication des statistiques européennes en matière d’accidents ressemble fort à la proclamation du résultat du concours Eurovision de la chanson.

Vu l’absence de trajet de formation adéquat, ces chiffres n’ont évidemment pas de quoi surprendre. Tout comme il n’est pas non plus surprenant que les Belges aient du mal à conduire dans des conditions hivernales difficiles. Et il ne faut même pas pour cela qu’il neige. Il suffit de compter les épaves de voitures le long de l’autoroute après une averse estivale. Comment pourrait-on maîtriser la conduite dans des conditions difficiles, lorsque l’apprentissage de la conduite de tous les jours est déjà soumis à si peu d’exigences.

La Flandre a pris conscience que cette situation est intenable. Le ministre Ben Weyts a annoncé le mois dernier que la formation à la conduite doit être organisée différemment. Apprendre à conduire sur un revêtement humide est l’un des nouveaux exercices faisant partie de la procédure de sélection élargie, au même titre que conduire avec un GPS ou se garer en marche arrière. On est curieux de voir quels exercices survivront au tir des groupes d’intérêts.

Mais en réalité, ce ne devrait pas être la tâche de l’autorité publique d’obliger les conducteurs (potentiels) à un tel apprentissage. Nous devons aussi oser et vouloir investir nous-mêmes dans notre sécurité, la sécurité de nos enfants ou, par extension, la sécurité des autres usagers de la route. De nombreux professionnels suivent chaque année (souvent volontairement) différents types de formations pour pouvoir continuer à exercer leur profession. Cela relève de l’évidence. Mais nous n’appliquons apparemment pas ce raisonnement lorsqu’il s’agit de la conduite automobile, car nous la maîtrisons tous parfaitement. N’est-ce pas?

Nadat ik betrokken was in een ongeval kan ik ...
—  Nadine Desmet
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